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Que s'est-il passé lors du lancement de la phase 2 d'ELAN ?

L’Organisation internationale de la Francophonie a lancé officiellement la seconde phase de l’Initiative « Ecole et langues nationales » en Afrique (ELAN-Afrique) le 3 juin 2016, à l’Hôtel Novotel d’Abidjan, en présence des hauts représentants des douze pays concernés par le démarrage ou la poursuite du programme dans leur pays respectif, des institutions francophones qui en sont à l’origine[1], des partenaires techniques et financiers du secteur éducation en Côte d’Ivoire, de chercheurs, enseignants, cadres éducatifs, étudiants et élèves du primaire.

C’est dans l’optique de proposer une solution pérenne aux problèmes d’échec et d’abandon scolaires massifs en contexte multilingue africain, que ce programme a été développé à partir de 2012, en centrant son intervention sur « les premiers apprentissages scolaires, clé de la réussite des parcours scolaires ultérieurs pour installer une dynamique vertueuse d’éducation de qualité pour tous », comme l’a rappelé le représentant de l’Agence française de développement, principal bailleur de l’Initiative. Une approche bi-plurilingue pour l’enseignement – apprentissage de la lecture et de l’écriture dans une première langue africaine et en français a ainsi été expérimentée dans une dizaine d’écoles de chaque pays, pendant deux années scolaires. L’évaluation longitudinale des acquis des élèves menée par le Centre de Recherche en Education de Nantes et dont le rapport a été présenté lors de l’évènement, a conclu à un impact très positif du dispositif sur les compétences langagières, orales et écrites, des élèves qui ont pu en bénéficier.

Forts de ces résultats très encourageants, c’est au cours de cette cérémonie présidée par Son Excellence Madame Kandia Kamissoko CAMARA, Ministre de l’Education de Côte d’Ivoire, que les parties prenantes de l’Initiative ELAN-Afrique ont renouvelé solennellement leur engagement en faveur d’une éducation bi-plurilingue, vectrice d’ « une école de qualité, qui assure une totale égalité des chances et valorise nos spécificités culturelles pour en faire le socle de l’unité de nos pays », comme l’a souligné Madame la Ministre dans son allocution. « La langue française, en tant que langue d’apprentissage scolaire, peut constituer un facteur inhibiteur, notamment pour les enfants des zones rurales. L’introduction des langues nationales dans l’éducation de base est donc une initiative lumineuse dont je me félicite vivement ».

A l’issue d’une matinée riche en enseignements et en perspectives, des mémorandums de partenariat relatifs à la mise en œuvre de la seconde phase de l’Initiative ont ainsi été signés entre l’OIF et les gouvernements partenaires afin de traduire en engagements concrets cette volonté commune d’œuvrer au développement et à l’extension de l’enseignement bi-plurilingue, à travers, notamment, le déploiement de l’Initiative ELAN-Afrique dans les systèmes éducatifs francophones qui utilisaient jusqu’ici majoritairement le français comme médium d’enseignement.

Comme lors de la phase 1 (2012-2015), huit Etats d’Afrique subsaharienne, auxquels se sont joint cette année la Côte d’Ivoire, Madagascar et le Togo, bénéficieront d’un accompagnement technique et financier sur la base de plans d’action nationaux en cohérence avec leurs plans sectoriels, en vue de consolider les acquis de la 1ère phase et d’amorcer un changement d’échelle pour toucher un plus grand nombre d’enfants. Il s’agira d’étendre progressivement l’Initiative à de nouvelles régions, de nouvelles écoles, de nouvelles langues, et à d’autres niveaux d’enseignement (4ème, 5ème et 6ème années), ceci en appuyant les pays partenaires dans la formation des acteurs, l’élaboration de matériels didactiques et de référentiels de compétence pour l’éducation bilingue, en amplifiant la mutualisation des bonnes pratiques, les actions de sensibilisation, et, enfin, en développant des synergies avec des initiatives similaires et des recherches-actions susceptibles d’orienter la conduite scientifique du projet.

La représentante de l’Administrateur de l’OIF, Madame Youma FALL, Directrice « Langue française, culture et diversités », a indiqué que « [l’OIF] déploie des efforts très importants pour contribuer à relever ce défi de la qualité de l’éducation. La Francophonie, cet espace de solidarité respectueuse des identités et de la diversité culturelle, sait pouvoir compter sur ses forces vives et sur ses compétences, pour œuvrer à la rénovation de l’école africaine, dans la perspective ultime d’assurer un avenir meilleur à nos enfants ». En ce sens, elle a rappelé  que cette manifestation s’inscrivait dans le sillage d’un séminaire international soutenu par l’OIF, centré sur la problématique du « Lire et écrire en contexte plurilingue », et qui a rassemblé les 31 mai et 1er juin à Dakar, chercheurs, praticiens, ONGs, bailleurs et décideurs de l’espace francophone, dans l’optique de dégager des pistes d’action concrètes pour réussir le passage délicat du changement d’échelle d’une politique nationale éducative.

Augurant de la mobilisation de tous pour le succès de cette seconde phase, Madame FALL a terminé son propos en donnant rendez-vous à tous les participants de cette rencontre pour le lancement d’une troisième phase en 2018.

 

[1] L’Agence française de Développement, l’Agence universitaire de la Francophonie, le Ministère des Affaires étrangères et du développement international. L’OIF en est le maître d’ouvrage.