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Historique

  • Le contexte international

Depuis le début des années 1990 (Conférence mondiale sur l’Education pour tous, EPT, Jomtien, Thaïlande), et plus encore depuis le Forum mondial sur l’éducation de Dakar (Sénégal, avril 2000), les efforts internationaux en faveur de l’éducation ont permis d’augmenter sensiblement le nombre d’enfants scolarisés car l’attention mondiale a eu tendance à se focaliser sur l’enseignement primaire universel (2ème Objectif du Millénaire pour le développement). Toutefois, la maîtrise de la qualité et de l’apprentissage demeure une question cruciale, probablement au cœur du cadre mondial de l’après-2015, notamment dans les pays d’Afrique subsaharienne.

En effet, si les efforts de la communauté internationale et l’engagement des pays d’Afrique subsaharienne vers la scolarisation universelle ont été importants ces dernières années, l’achèvement par tous les enfants d’un cursus d’éducation primaire de qualité, est freiné, notamment pour les populations rurales majoritaires, par la difficulté d’acquisition de la langue française, medium d’enseignement dès la première année d’enseignement.

  • L’OIF et la promotion des langues partenaires

Depuis 1975, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a réservé une place de choix à la promotion des langues partenaires africaines. Elle a animé et continue d’animer divers réseaux multilatéraux qui ont mobilisé plus de 600 chercheurs du sud. Elle a produit dans une approche multilatérale en lien avec ses États et gouvernements membres des outils de référence : les lexiques thématiques de l’Afrique Centrale (projet LETAC), les lexiques mandingue et peul (MAPE), les études sociolinguistiques sur la dynamique des langues et des sociétés en Afrique subsaharienne (DYLAN), les descriptions systématiques des langues nationales (DELAN), les dictionnaires monolingues (DIMO) et le dictionnaire trilingue français-lingala-sango (DICO+).

Depuis les états généraux du français de Libreville en 2003, l’OIF a développé la didactique convergente et les bi-grammaires avec une place importante faite à la néologie et à la terminologie dans les disciplines scientifiques enseignées à l’école. L’aboutissement de cette réflexion est l’Initiative École et langues nationales en Afrique, ELAN-Afrique.

  • La genèse de l’Initiative ELAN-Afrique

Pour surmonter l’échec et els déperditions scolaires massifs (en particulier chez les jeunes ruraux), huit pays (Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Mali, Niger, République démocratique du. Congo, Sénégal), ont consenti à conjuguer leurs efforts autour de l’Initiative « École et langues nationales en Afrique » (ELAN-Afrique), afin d’introduire et de promouvoir l’enseignement bi-plurilingue articulant langues africaines et langue française dans l’enseignement primaire. Ces huit pays partenaires prévoient de développer dans leurs plans nationaux respectifs de l’éducation l’aménagement de l’apprentissage bi-plurilingue accordant ainsi une place de choix aux langues nationales africaines dans l’enseignement primaire. Ils envisagent alors dans les premières années du cycle primaire d’expérimenter, d’étendre ou de généraliser (selon les pays) l’usage des langues nationales pour les apprentissages-clés (lecture, écriture et calcul), articulé avec l’initiation à la langue française qui devient ensuite le medium d’enseignement.

Cette Initiative s’inscrit dans les agendas internationaux de tous les pays du monde et des grandes institutions mondiales (OMD, UNESCO, OIF, Union Africaine) en faveur d’un partenariat entre les langues africaines et les langues internationales et d’une meilleure intégration des langues et cultures africaines dans les systèmes éducatifs. Elle adhère également au respect des valeurs de la Francophonie qui vise à contribuer à améliorer le niveau de vie de ses populations en les aidant à devenir les acteurs de leur propre développement, en posant tout particulièrement son attention sur les populations rurales et les filles.

L’Initiative ELAN-Afrique est respectueuse des principes de la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide (2005) et du Programme d’action d’Accra (2008).

Partant d’une volonté commune des pays et des partenaires techniques et financiers à atteindre les mêmes objectifs, ELAN est une réponse opérationnelle à l’étude LASCOLAF (Langues de scolarisation dans l’enseignement fondamental en Afrique subsaharienne francophone), entre autres. Initiée lors du colloque de présentation de LASCOLAF les 6 et 7 octobre 2010, l’Initiative ELAN-Afrique s’appuie sur le bilan et des recommandations formulés dans le rapport LASCOLAF, entre autres, pour soutenir des pays d’Afrique subsaharienne francophone dans la promotion de l’enseignement bi-plurilingue. En effet, l’état des lieux dressé par les dernières études sur la situation de l’enseignement des langues nationales dans les pays d’Afrique subsaharienne démontrent de manière évidente l’efficacité d’un enseignement bilingue qui contribue à réduire l’échec scolaire tout en améliorant l’apprentissage du français.

Démarrée au début de l’année 2011 pour une durée initiale de trois ans, l’Initiative ELAN-Afrique est un accompagnement technique et financier spécifique pour l’introduction maîtrisée et réussie de l’enseignement bi-plurilingue. Les huit pays membres de l’Initiative sont ainsi techniquement et financièrement appuyés par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), le Ministère français des Affaires étrangères et du Développement international (MAE), l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) et l’Agence Française de Développement (AFD).