Burkina Faso

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Burkina Faso

Burkina Faso

Chiffres clés

Écoles bilingues
220
10
Classes bilingues
740
19
Enseignants
790
31
Élèves
35 192
674
Formateurs
50
4
Langues d’enseignement
9
1

greg

Sources : 

Ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation du Burkina Faso

Description

Site du MENA : http://www.meba.gov.bf/

Le Burkina Faso est un pays d’Afrique de l’Ouest francophone, enclavé entre le Mali, au nord et à l’ouest, le Niger à l’est, le Bénin, le Togo, le Ghana et la Côte d’Ivoire au sud. Son indépendance est fêtée depuis le 5 août 1960. Le Président de la République est Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORÉ.

Le Burkina Faso est l’un des États d’Afrique de l’ouest les plus peuplés, composé d’une soixantaine d’ethnies. Les Mossis constituent l'ethnie majoritaire (environ 53 %) et vivent dans le centre du pays. Les autres groupes importants sont à l'est les Gourmantchés (7 % de la population), au nord les Peuls (7,8 %), au sud les Bissas (3 %) et les Gourounsis (6 %), au sud-ouest les Samos (2 %), Markas (1,7 %), Bobos (1,6 %), Sénoufos (2,2 %) et Lobis (2,5 %). Tous ces peuples parlent des langues qui leur sont propres, mais elles appartiennent pratiquement toutes à la famille nigéro-congolaise, répartie en trois groupes (ouest-atlantique, mandingue et gur).

Parmi la cinquantaine de langues parlées, trois langues ont le statut de langues nationales : le mooré, le dioula et le fulfuldé. Le mooré est la langue la plus répandue. Parlée par 53 % de la population du Burkina, c'est surtout la langue des Mossis et des Gourounsis. Le mooré est aussi parlé dans les pays voisins tels que le Ghana, la Côte d'Ivoire et le Mali. Le dioula (8,8%) est la langue du commerce. C'est la langue véhiculaire de l'Afrique de l'Ouest, connue et utilisée historiquement du Sénégal au Nigeria par tous les commerçants. Le fulfuldé est parlé par 6,6 % de la population.

Description

1.Contexte général du pays et situation sociolinguistique

Le Burkina Faso est un pays d’Afrique de l’Ouest francophone, enclavé entre le Mali, au nord et à l’ouest, le Niger à l’est, le Bénin, le Togo, le Ghana et la Côte d’Ivoire au sud. Son indépendance est fêtée depuis le 5 août 1960. Le Président de la République est Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian Kaboré.

Le Burkina Faso est l’un des États d’Afrique de l’ouest les plus peuplés, composé d’une soixantaine d’ethnies. Les Mossis constituent l'ethnie majoritaire (environ 53 %) et vivent dans le centre du pays. Les autres groupes importants sont à l'est les Gourmantchés (7 % de la population), au nord les Peuls (7,8 %), au sud les Bissas (3 %) et les Gourounsis (6 %), au sud-ouest les Samos (2 %), Markas (1,7 %), Bobos (1,6 %), Sénoufos (2,2 %) et Lobis (2,5 %). Tous ces peuples parlent des langues qui leur sont propres, mais elles appartiennent pratiquement toutes à la famille nigéro-congolaise, répartie en trois groupes (ouest-atlantique, mandingue et gur).

Parmi la cinquantaine de langues parlées, trois langues ont le statut de langues nationales : le mooré, le dioula et le fulfuldé. Le mooré est la langue la plus répandue. Parlée par 53 % de la population du Burkina, c'est surtout la langue des Mossis et des Gourounsis. Le mooré est aussi parlé dans les pays voisins tels que le Ghana, la Côte d'Ivoire et le Mali. Le dioula (8,8%) est la langue du commerce. C'est la langue véhiculaire de l'Afrique de l'Ouest, connue et utilisée historiquement du Sénégal au Nigeria par tous les commerçants. Le fulfuldé est parlé par 6,6 % de la population.

La situation linguistique du Burkina Faso est marquée par les caractéristiques suivantes (entre autres):

  • un multilinguisme modérément complexe : 59 langues nationales différentes en plus du français ;
  • de grandes disparités démographiques entre ces langues ;
  • l’existence de régions relativement homogènes au plan linguistique (le centre, l’est et le nord du pays) ainsi que de langues nationales dominantes dans les grands ensembles administratifs (provinces, régions) ;
  • l’émergence d’une langue nationale transfrontalière (le dioula) dans la zone la plus hétérogène du pays (le sud‐ouest).

En vertu de l’article 35 de la Constitution de 1997 :
« 1. La langue officielle est le français ;  2. La loi fixe les modalités de promotion d'officialisation des langues nationales. »

 

2.Langues nationales dans le système éducatif au Burkina Faso

Le Burkina Faso est l’un des pays d’Afrique de l’ouest francophone ayant une longue et conséquente expérience de l’enseignement bilingue. Le pays est actuellement dans une réflexion de généralisation et de consolidation des acquis de l’enseignement bilingue.

En dehors de la première tentative d’utilisation des langues nationales à l’école dans le cadre de la réforme avortée de 1979‐1984, l’enseignement bilingue au Burkina s’est développé dans le cadre de coopérations avec des partenaires de l’éducation et n’a pas été planifié au niveau étatique. Cependant, il a été suivi de près par le Ministère de l’Éducation nationale et de l’alphabétisation (MENA), qui s’en est finalement approprié, et des textes importants ainsi que des instructions officielles ont offert un cadre légal et réglementaire au recours aux langues nationales dans l’éducation. Les langues nationales bénéficient ainsi désormais d’un cadre règlementaire permettant leur expansion dans le système éducatif. Parmi les textes du cadre réglementaire on peut relever deux grands textes généraux :

  • la loi 013/96/ADP portant loi d’orientation de l’éducation (1996) : elle stipule en son article 4 que « les langues d’enseignement sont le français et les langues nationales » et que « l’enseignement des langues est précisé par décret pris en conseil des ministres ». Cette stipulation est reprise dans une nouvelle loi de 2007 ;
  • la Lettre de politique éducative adoptée par le Décret N° 2008‐ 681/PRES/PM/MESSRS/MEBA/MASSN/MJE du 03 novembre 2008, qui prévoit, dans le cadre du développement du système éducatif à l’horizon 2015, « la valorisation des langues nationales et leur introduction dans les nouveaux curricula ».

L’amorce d’un partenariat langues nationales‐français par l’entrée des langues nationales à l’école a été motivée par un constat d’échec du système éducatif monolingue en français. L’enseignement bi‐plurilingue à l’école a ainsi été expérimenté pour la première fois entre 1979 et 1984 à la faveur d’une réforme de l’éducation interrompue à la fin de l’année scolaire 1983‐1984. Par la suite, les États Généraux de l’Éducation de 1994 ont réaffirmé l’opportunité de l’utilisation des langues nationales dans le système d’éducation formelle.

A partir de l’année 1994 de nouvelles expérimentations d’enseignement bilingue ont commencé dans le but de contribuer à la résolution des problèmes soulevés par les diagnostics successifs du système éducatif, tout en cherchant à réunir les preuves de l’efficacité de l’enseignement/apprentissage en langues nationales :
- dans les « Écoles Bilingues » mises en œuvre dans le cadre de la coopération du MENA avec l’œuvre Suisse d’Entraide Ouvrière (OSEO, devenue SOLIDAR Suisse) : expérience étatique ;
- dans les écoles Communautaires » (ECOM), soutenues par l’ONG Save the Children USA ;
- dans les « Écoles Satellites », ouvertes avec le concours financier de l’UNICEF ;
- dans les CEBNF ;
- dans les Centres Banma nuara (CBN) de l’association Tin tua (CNB1 et CNB2).

N.B. : Seules les Écoles bilingues (formule MENA‐OSEO), les Écoles Satellites et les CBN1 se situent dans l’éducation formelle.

A partir de la rentrée 1997-1998, le Burkina débute l’expérimentation de l’enseignement bilingue dans les écoles publiques. Fort du succès des élèves enregistré à 52,83 % au certificat d’études primaires après une scolarité de quatre ans (plus important que le taux de succès enregistré au niveau national), une lettre circulaire, N° 2002‐098/MEBA/SG est adoptée le 18 juin autorisant les parents et les écoles qui le souhaitent à demander la transformation des écoles classiques de leurs localités en écoles bilingues.

3.Les intervenants dans l’enseignement bilingue au Burkina Faso

Plusieurs acteurs sont engagés à la côte du Ministère de l’Education nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales (MENA-PLN) pour promouvoir l’enseignement bilingue au Burkina Faso. A s’agit entre autres de : l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) à travers le programme ELAN, SOLIDAR-Suisse, EDM, l’ONG Tin-tua, Educo et UNICEF.

 

4.Le dispositif de pilotage de l’Initiative et responsabilités des acteurs

Le Ministère de l’Education nationale,  de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales a placé l’Initiative ELAN-Burkina Faso sous la responsabilité de la Direction Générale de l’Enseignement Formel Général (DGEFG) qui coordonne différentes directions dont :

  • la Direction des enseignements primaires et préscolaires ;
  • la Direction de la formation initiale et continue ;
  •  Direction du continuum d’éducation multilingue (DCEM), chargée de la promotion des langues nationales dans le système éducatif forme.

Comme dans les autres pays partenaires de l’Initiative, un comité de pilotage a été mis en place, ainsi qu’un comité technique. Le point focal est M. Payéguédessama Jean Baptiste KONKOBO, de la DCEM, Chargé du suivi et du développement des écoles bilingues au sein de la DGEFG du MENA-PLN.

 

5.Etat de la mise en œuvre de l’Initiative ELAN-Afrique au Burkina Faso :

Le Burkina Faso a fait de l’introduction des langues nationales dans le système éducatif, une option pour la recherche de la qualité et de la pertinence de l’éducation. C’est ainsi que le pays a expérimenté l’éducation bilingue, avec l’ONG SOLIDAR Suisse, aux côtés d’autres formules alternatives qui se sont développées.

C’est dans ce sens de recherche d’amélioration de la qualité des apprentissages que le MENA a adhéré à l’Initiative ELAN-Afrique dès la phase 1 et a démarré les activités de la phase 2 avec une ambition d’extension géographique et linguistique de l’approche ELAN de la lecture-écriture.

Durant la phase 1, des outils ont été produits ou améliorés pour les 3 premières années du primaire (livrets, guides d’orientation, mallettes pédagogiques, bi-grammaires, affiches murales, lettres de l’alphabet en langue mooré, etc.).

ELAN-Burkina Faso phase 1 :

  • 10 écoles
  • 30 enseignants
  • 10 directeurs d’école
  • 4 encadreurs pédagogiques
  • 1 langue nationale (mooré)

Dès juin 2016, par la signature d’un mémorandum d’entente, le MENA-PLN s’est engagé à poursuivre les réformes relatives à l’enseignement bi-plurilingue en consolidant les acquis de la phase 1 avec des ambitions d’extension géographique et linguistique.

Le plan d’action de la phase 2 qui est une continuité de la phase 1 en ce qu’il intègre la plupart des composantes avec une extension sur 15 nouvelles écoles pilotes réparties sur trois nouvelles zones linguistiques (dioula, gourmantché, fulfulde). Certaines composantes (plaidoyer, suivi, matériel didactique, formation et aménagement linguistique) du plan d’action de la phase 1 sont retenues avec une envergure plus importante. La conception et l’adaptation des supports se poursuit de manière à rentre opérationnels les enseignants et encadreurs de l’approche ELAN pour les langues dioula, gourmantché et fulfulde dès la prochaine rentrée des classes en même temps que ceux qui y étaient déjà (mooré).

Projections chiffrées de la phase 2 :

  • 4 langues ;
  • 25 écoles ;
  • 135 classes ;
  • 152 enseignants ;
  • 50 encadreurs pédagogiques ;
  • 17 formateurs nationaux.
  • 23 livrets et guides d’orientation déjà produits, reproduit en 7 839 exemplaires.

La création de la Direction du continuum d’éducation multilingue (DCEM) et la nouvelle appellation du MENA désormais Ministère de l’Education Nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales (MENAPLN) constituent un changement notable au plan institutionnel et a traduit la volonté des premières autorités de promouvoir l’éducation bilingue. Le pays avait déjà élaboré une stratégie de mobilisation sociale couvrant la période 2016-2021 validée en juin 2015. Cette stratégie a été complétée par une autre intitulée « stratégie de généralisation progressive et maîtrisée de l’éducation bi-multilingue » qui propose un plan d’ouverture de nouvelles écoles. A terme, 350 centres d’éveil et d’éducation préscolaire, 1 800 écoles primaires bilingues et 180 collèges multilingues spécifiques (CMS) seront ouvertes.

Au Burkina Faso, des efforts importants sont mis en place par le MENAPLN dans le cadre du suivi-appui des classes bilingues. En témoigne le dispositif de suivi décrit ici : les encadreurs pédagogiques (inspecteurs de l’enseignement du premier degré, conseillers pédagogiques et instituteurs principaux), formés à l’Ecole Normale Supérieure de l’Université de Koudougou, reçoivent une formation en transcription et en didactique des disciplines pour un volume horaire d’environ 175 heures. Cette formation en éducation bilingue est évaluée et la note est prise en compte pour sanctionner la fin de la formation dans le but d’obtenir le diplôme de fin de formation. Elle est organisée par l’ENS est assurée chaque année par les techniciens de le Direction du continuum d’éducation multilingue, les professeurs de l’ENS et des personnes ressources. Des sessions de recyclage sont ensuite organisées au profit de ces encadreurs pédagogiques qui sont appelés à assurer le suivi des classes bilingues dans leurs circonscriptions d’éducation de base respectives.

 

 

Carte du pays: 

Population : 

16 968 000 hab.

Superficie : 

274 200 km²

Capitale : 

Ouagadougou

Langue(s) nationale(s) : 

mooré, dioula, fulfuldé (langues nationales véhiculaires de grande diffusion)

Langue(s) officielle(s) : 

Français

Nombre de langues parlées : 

59

Langue(s) d'enseignement ELAN : 

mooré, dioula, fulfuldé, gulmancema, dagara, bisa, lyélé, nuni, kassim

Ministre : 

S.E.Mme Koumba BOLY-BARRY, Ministre de l’Éducation nationale et de l’alphabétisation (MENA)

Service en charge: 

Direction Générale de l’Education de Base (DGEB)

Point focal ELAN: 

M. Rémy YAMÉOGO, en service à la Direction du Continuum d’Education Multilingue (DCEM).

Sources : 

Ministère de l’Éducation nationale et de l’alphabétisation du Burkina Faso et Institut de statistique de l’UNESCO

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