Cameroun

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Chiffres clés

Écoles bilingues
32
10
Classes bilingues
64
20
Enseignants
59
20
Élèves
3 963
1 117
Formateurs
16
4
Langues d’enseignement
4
1

greg

Sources : 

Ministère de l’Éducation de base du Cameroun

Description

Site du MINEDUB : http://www.spm.gov.cm/fr/administrations-publiques/education-formation-e...

Le Cameroun est un pays ayant une très forte densité linguistique et culturelle. Les 250 langues du pays appartiennent aux familles linguistiques Nilo-sahariennes (2 langues), Afro-asiatiques (58 langues) et Niger-kordofaniennes (187 langues). Au point de vue numérique, les principaux groupes ethniques sont les Fangs (19,6 %), les Bamilékés et les Bamouns (18,5 %), les Doualas, les Loumdous et les Bassas (14,7 %), les Peuls (9,6 %), les Tikars (7,4 %), les Mandaras (5,7 %), les Makas (4,9 %), les Chambas (2,4 %), les Mbums (1,3 %) et les Haoussas (1,2 %). Par ailleurs la population se divise entre francophones (78% de la population) et anglophones (22% de la population).

La Constitution du 16 janvier 1996 en son article 1 paragraphe 3 reconnaît deux statuts aux langues présentes sur le territoire national. L’anglais et le français sont ainsi des langues officielles d’égale valeur et les 250 langues africaines parlées au Cameroun partagent aussi un statut égalitaire de langues nationales. L'Atlas linguistique du Cameroun (ALCAM, 1983) et l'Atlas administratif des langues nationales du Cameroun (AALNC, 1991) ont présenté 14 langues camerounaises qui débordent leurs aires d'extension naturelles pour être parlées par des populations de langues maternelles différentes voulant communiquer entre elles.

Description

1.Contexte général du pays et situation sociolinguistique

Le Cameroun est un pays d’Afrique centrale limité à l’Ouest par le Nigéria, au Nord-Est par le Tchad, à l’Est par la République Centrafricaine et au Sud par le Congo, le Gabon et la Guinée Equatoriale. Au Sud-Ouest, le pays s'ouvre sur l'Océan Atlantique. Le pays compte dix provinces administratives : l’Extrême-Nord, le Nord, l’Adamaoua, le Nord-Ouest, le Sud-Ouest, l’Ouest, le Littoral, l’Est et le Sud. Les deux provinces anglophones du Cameroun sont les provinces du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les autres étant toutes francophones L’indépendance est fêtée depuis le 20 mai 1972, date de la réunification du Cameroun francophone et du Cameroun anglophone. Le Président de la République est Son Excellence Monsieur Paul BIYA.

Le Cameroun est un pays ayant une très forte densité linguistique et culturelle. Les 250 langues du pays appartiennent aux familles linguistiques Nilo-sahariennes (2 langues), Afro-asiatiques (58 langues) et Niger-kordofaniennes (187 langues). Au point de vue numérique, les principaux groupes ethniques sont les Fangs (19,6 %), les Bamilékés et les Bamouns (18,5 %), les Doualas, les Loumdous et les Bassas (14,7 %), les Peuls (9,6 %), les Tikars (7,4 %), les Mandaras (5,7 %), les Makas (4,9 %), les Chambas (2,4 %), les Mbums (1,3 %) et les Haoussas (1,2 %). Par ailleurs la population se divise entre francophones (78% de la population) et anglophones (22% de la population).

La Constitution du 16 janvier 1996 en son article 1 paragraphe 3 reconnaît deux statuts aux langues présentes sur le territoire national. L’anglais et le français sont ainsi des langues officielles d’égale valeur et les 250 langues africaines parlées au Cameroun partagent aussi un statut égalitaire de langues nationales. L'Atlas linguistique du Cameroun (ALCAM, 1983) et l'Atlas administratif des langues nationales du Cameroun (AALNC, 1991) ont présenté 14 langues camerounaises qui débordent leurs aires d'extension naturelles pour être parlées par des populations de langues maternelles différentes voulant communiquer entre elles. Il s'agit du fulfulde, de l'ewondo, du duala, du mungaka, du basaa’a, de l'arabe choa, du kom, du wandala, du kanuri, du medumba, du ghomala’, du ngiembon, du yémba, du hausa et du pidgin-english.

La loi n°98/004 du 14 avril 1998 d’Orientation de l’éducation au Cameroun prévoit en son article 5 qu’ « au titre de la mission générale définie à l’article 4 ci-dessus, l’éducation a pour objectifs : […] 4. La promotion des langues nationales ». L’article 11, section 2, alinéa 1er de cette même loi dispose : « [l’Etat] veille à l’adaptation permanente du système éducatif aux réalités économiques et socio-culturelles nationales ainsi qu’à l’environnement international, particulièrement en ce qui concerne la promotion des enseignements scientifiques et technologiques, du bilinguisme et l’enseignement des langues nationales ».

Par la suite, un Département des Langues et Cultures camerounaises a été créé au sein de l’École normale supérieure de Yaoundé en 2008 afin de former des professeurs de Langues et Cultures nationales pour les lycées et collèges du pays. Par ailleurs, le décret N° 2011/408 du 9 décembre 2011 portant organisation du Gouvernement officialise l’enseignement des langues nationales au Cameroun. Le nouvel organigramme du Ministère de l’Éducation de base (MINEDUB) consacre formellement les inspections nationales, régionales et départementales d’alphabétisation, d’éducation de base non-formelle et de la promotion des langues nationales.

Un document de politique linguistique nationale avait été élaboré et soumis à l’approbation du Premier Ministre qui a demandé au Ministre de l’Éducation de base de le transformer en projet de loi. Cependant le Ministre de l’Éducation de base ayant constaté l’existence de textes réglementaires en matière de promotion des langues nationales, notamment la loi d’Orientation de l’éducation au Cameroun d’avril 1998 et le décret n° 2012/268 du 11 juin 2012 portant organisation du Ministère de l’Education de Base, a signifié l’inutilité d’un nouveau texte de loi.

2.Langues nationales dans le système éducatif au Cameroun

L’expérimentation d’envergure de l’introduction des langues nationales dans l’enseignement a été menée de 1978 à 2004 par l’Université de Yaoundé tout d’abord à travers le Programme de Recherche Opérationnelle pour l’Enseignement des Langues au Cameroun (PROPELCA). Ce programme a permis de doter 38 langues nationales d’une norme écrite stable et d’un matériel didactique pour leur enseignement dans les trois premières classes du primaire et dans le premier cycle du secondaire. L’Université de Yaoundé a mené l’expérience PROPELCA jusqu’en 1995. Le gouvernement ne s’étant pas approprié les résultats, l’Association nationale des comités de langues camerounaises (ANACLAC), qui y participait déjà, a pris la relève pour les phases d’extension et de généralisation progressive jusqu’en 2004, date de l’épuisement total de ses soutiens financiers.

Depuis 2006, une unité de langues et cultures nationales a été créée au sein du Ministère des enseignements secondaire (MINESEC). Cette unité a élaboré un projet d’introduction des langues et cultures nationales expérimenté dans 7 lycées pilotes en classe de sixième et de cinquième. L’évaluation de la phase expérimentale de cet enseignement s’étant avérée satisfaisante, le projet, dès la rentrée scolaire 2012/2013, est entré dans sa phase d’extension.

A niveau de l’éducation de base, des projets d’introduction des langues nationales dans l’enseignement sont expérimentés avec le concours de l’ANACLAC et de la SIL (Société internationale de linguistique) dans certaines écoles primaires à l’instar des langues kom et noni dans la région du Nord-Ouest, le meka dans la région de l’Est, le mafa et le mofu-gudur dans la région de l’Extrême-Nord. Ces expérimentations sont capitalisées dans le cadre de la mise en œuvre de l’Initiative ELAN-Afrique.

L’Initiative ELAN-Afrique permet au Cameroun d’introduire officiellement les langues nationales dans l’enseignement formel au primaire.

3.Les intervenants dans l’enseignement bi-plurilingue au Cameroun

De nombreux acteurs interviennent sur le terrain de la promotion des langues et cultures nationales au Cameroun.

  • l’État camerounais, à travers les lois (Constitution, loi d’orientation de l’éducation, loi d’orientation de l’enseignement supérieur) et institutions (ministères techniques, universités. Mais il faut souligner que les actions les plus audacieuses ont été menées sur le terrain par des associations telles que l’Association nationale des comités de langues camerounaises (ANACLAC), le Centre régional de recherche et de documentation sur les traditions orales et pour le développement des langues africaines (CERDOTOLA), le Projet de recherche opérationnel pour l’enseignement des langues au Cameroun (PROPELCA), les Comités régionaux de langues, la Cameroon Association for Bible Translation and Literacy (CABTAL) ;
  • les organisations internationales : l’AUF, l’OIF, l’UNESCO ;
  • les ONG telles que la Société internationale de linguistique (SIL), l’Alliance biblique ;
  • les comités nationaux de langues, au nombre de 80.

4.Le dispositif de pilotage de l’Initiative et responsabilités des acteurs

Le Ministère de l’Education de base a rattaché l’Initiative ELAN à l’Inspection Générale des Enseignements (IGE). Le point focal du Cameroun est M. Didier MBOUDA, Professeur de l'Enseignement Normal 2ème Grade Hors Échelle. Un comité de pilotage et un comité technique sont mis en place.

L’IGE, est l’une des structures des services centraux du Ministère de l’Éducation de base qui est chargée de :

  • la formation et le renforcement des capacités des enseignants ;
  • la supervision pédagogique des enseignements ;
  • l’encadrement des responsables chargé de l’implémentation des curricula ;
  • la rédaction et révision des curricula ;
  • la rédaction, la production des manuels scolaires ou à défaut du choix de ces manuels scolaire ;
  • la recherche pédagogique et l’expérimentation des méthodes nouvelles.

L’IGE est constituée de cinq Inspection de Pédagogie, à savoir :

  • une Inspection de Pédagogie chargée de l’Enseignement Maternel ;
  • une Inspection de Pédagogie chargée de l’Enseignement Primaire ;
  • une Inspection de Pédagogie chargée des Technologies Educatives ;
  • une Inspection de Pédagogie chargée du Bilinguisme ;
  • une Inspection de Pédagogie chargée de l’Alphabétisation, de l’Education de Base Non-Formelle et de la Promotion des Langues Nationales.

5.Etat de la mise en œuvre de l’Initiative ELAN-Afrique au Cameroun:

L’expérimentation de l’enseignement bi-plurilingue au Cameroun dans le cadre de l’Initiative ELAN-AFRIQUE se déroule dans 35 écoles (50 prévues initialement) les régions francophones de l’Extrême-Nord, du Centre, du Littoral et de l’Ouest. Les 4 langues expérimentées sont : le fulfulde dans la région de l’Extrême-Nord, l’ewondo dans la région du Centre, le bassa dans les régions du Centre et du Littoral et le ghomala’ dans la région de l’Ouest. Dans le cadre du projet pilote en lecture-écriture, la langue choisie est l’ewondo. Comme pour les autres pays membres d l ’Initiative, l’expérimentation a débuté dans la classes à la rentrée scolaire 2013.

Dans le cadre de l’Initiative ELAN-Afrique au Cameroun, 54 activités ont été planifiées. Au quatrième trimestre de l’année 2013, on comptabilise 12 activités réalisées depuis le lancement de l’Initiative. A la fin de l’année 2013.  500 livrets de l’élève sont en cours de reproduction pour le projet pilote en langue ewondo.

Activités réalisées au dernier trimestre 2013 depuis le début de l’expérimentation :
1. Atelier de validation du Plan d’action de l’Initiative ELAN-AFRIQUE;
2. Elaboration du projet de référentiel de compétences en langues nationales;
3. Atelier de validation du référentiel de compétences en langues nationales (lecture et écriture);
4. Rédaction des bi-grammaires (Cette activité n’est pas encore achevée);
5. Réunion d’information des Points Focaux de l’initiative ELAN-AFRIQUE sur la mise en chantier du projet pilote;
6. Elaboration d’un projet de plan opérationnel de communication pour le changement de comportement (Contribution de l’Etat);
7. Atelier de formation des enseignants à la didactique du bi-plurilinguisme (langue ewondo);
8. Atelier de formation des enseignants à la didactique du bi-plurilinguisme (langue bassa’a);
9. Atelier de formation des enseignants à la didactique du bi-plurilinguisme (langue ghomala’);
10. Atelier de formation des enseignants à la didactique du bi-plurilinguisme (langue fulfulde);
11. Atelier de formation des enseignants à l’enseignement de la lecture et de l’écriture en langue ewondo – projet pilote;
12. Collecte et traitement des données des écoles pilotes.

 

 

 

Carte du pays: 

Population : 

20 030 000 hab.

Superficie : 

475 442 km2

Capitale : 

Yaoundé

Langue(s) nationale(s) : 

250 langues

Langue(s) officielle(s) : 

français, anglais

Nombre de langues parlées : 

250

Langue(s) d'enseignement ELAN : 

fulfuldé, ewondo, bassa’a, ghomala’

Ministre : 

S.E.Mme YOUSSOUF HADIDJA ALIM, Ministre de l'éducation de base

Service en charge: 

Inspection Générale des Enseignements (IGE)

Point focal ELAN: 

. Didier MBOUDA, Professeur de l'Enseignement Normal 2ème Grade Hors Échelle.

Sources : 

Ministère de l’Éducation de base du Cameroun et Institut de statistique de l’UNESCO

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